

Plusieurs ouvrages ont été publiés récemment pour rappeler aux Français que la situation de leur pays était loin de correspondre à la vision sombre qu’ils en ont et que le pessimisme dont ils témoignent lors de toutes les enquêtes d’opinion était excessif. On peut citer Au-delà des apparences, des raisons d’être optimiste en France (Brice Teinturier, Alexandre Guérin, Arnaud Caré, Éditions du Cherche-Midi, 2025) ou La guerre civile n’aura pas lieu, pour en finir avec la vision d’un pays déchiré (Emmanuel Rivière, Nicolas Prissette, Robert Laffont, 2026).
Ces ouvrages ont pour une part raison : il suffit de regarder les faits pour savoir que, contrairement à ce que martèlent certains hommes politiques, les Français travaillent autant que les autres Européens. Ils sont très attachés à la valeur travail, ils n’abusent pas du système de santé (la fraude en ce domaine est majoritairement celle des prestataires de soins) et ils rêvent d’unité nationale. Les données montrent de même que les déclarations sur l’ampleur de l’insécurité sont erronées : la France est un pays sûr, même si ce diagnostic est difficile à accepter pour les habitants des quartiers livrés au trafic de drogue. En outre, certaines appréciations personnelles sont très positives : 94 % des Français se jugent « bien insérés » (baromètre annuel d’opinion de la DREES).
Pour autant, le rappel de telles données ne devrait pas obérer d’autres réalités. Les deux ouvrages (surtout La guerre civile n’aura pas lieu) s’étonnent de l’appréciation sombre des Français sur le déclin du pays. Rappelons que jouent en faveur de cette assertion des constats peu flatteurs sur l’économie, la productivité, les finances publiques et l’évolution des inégalités, sans même évoquer la perte d’audience du pays sur le plan international. La crise politique que nous subissons depuis 2024, l’incapacité des responsables politiques à y mettre fin et à mettre en place des politiques indispensables (amélioration des services publics et transition écologique) renforcent le retard du pays et provoquent de la colère.
Les deux ouvrages sont trop optimistes sur un point : ils insistent sur l’écart qui existerait entre les discours politiques ou médiatiques, qui exacerberaient les tensions sur l’immigration, et le ressenti de la population, qui serait bien plus positif. Ils soutiennent que l’immigration est beaucoup mieux acceptée qu’on ne le croie, citant notamment des réponses obtenues lors de diverses enquêtes que Terra Nova a synthétisées en mai 2025 (Note sur les représentations à l’égard de l’immigration de travail) : selon l’une d’elles, les Français pensent à 77 % que les immigrés mériteraient de devenir français dès lors qu’ils travaillent, cotisent et paient leurs impôts en France depuis plusieurs années. Précisons toutefois que ces réponses coexistent avec d’autres avis, presque aussi majoritaires, qui déplorent le nombre excessif d’étrangers en France, le manque d’efforts qu’ils feraient pour s’intégrer, une immigration dont l’économie française n’aurait pas besoin et l’incompatibilité supposée entre Islam et République. En réalité, la coexistence, à l’égard des immigrés, d’une appréciation positive, réservée à ceux qui travaillent, et d’un discours dépréciatif global traduit l’ambivalence de la population sur ce thème. Reconnaissons que le discours de droite et d’extrême-droite a, sur ce point, largement « pris » : sinon, il n’y aurait pas 35 % d’intentions de vote en faveur d’un parti comme le RN, qui fait du rejet des immigrés son combat prioritaire, au point de financer largement son programme par la suppression des dépenses liées à l’immigration et, en particulier, par le refus d’accorder aux immigrés les prestations sociales versées aux « nationaux ». Les ouvrages mentionnés ci-dessus ont raison de rétablir des vérités, notamment sur le nombre des migrants (bien plus limité qu’on ne le croie) et sur leur insertion. Ils ont tort de ne pas mesurer l’ambiguïté ressentie à leur égard. Depuis la présidence Sarkozy, le premier Président à avoir assimilé sans vergogne immigration et délinquance, les ressentis (xénophobes ? racistes ? c’est difficile à démêler) se sont progressivement ancrés dans les esprits, quand bien même il reste, de temps en temps, des éclairs de bon sens.
La question devient grave aujourd’hui.
Au niveau international, une déshumanisation des migrants, voire de peuples entiers, avec des effets sur notre perception de « l’autre »
Récemment, dans Le Monde du 27 mai 2026, le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe a cru utile, en complément d’une déclaration politique de son institution adoptée le 15 mai 2026 réaffirmant les valeurs défendues par la Convention européenne des droits de l’homme, de rappeler aux États signataires de cette convention que le respect de l’État de droit leur imposait de garantir « qu’un être humain ne se verrait jamais attribuer un statut inférieur au motif qu’il a migré ». Il réagissait ainsi aux attaques écrites de certains États[1] contre les jugements de la Cour européenne dans le domaine de l’immigration, attaques selon lesquelles la Cour interpréterait trop largement le droit à la vie familiale des migrants et « poserait trop de limites à la capacité des États à décider qui expulser ».
Le Commissaire rappelle également dans son article l’interdiction absolue des refoulements, les candidats à la migration ne devant pas être empêchés de déposer une demande d’asile, serait-ce au nom de la sécurité publique. Or, ces refoulements sont monnaie courante dans certains pays européens. Le Commissaire dénonce également les techniques « nouvelles » d’externalisation de la demande d’asile, le cas échéant par le biais de hubs de retour off shore.
En réalité, les 9 pays protestataires de 2025 ont réussi à obtenir ce qu’ils voulaient. La Déclaration adoptée le 15 mai 2026 par le Comité des ministres du Conseil de l’Europe précise les droits des migrants de manière restrictive : ainsi, tout en réaffirmant l’indépendance de la Cour européenne des droits de l’homme et le respect de l’intégrité de la Convention, la déclaration se lance dans de longues arguties interprétatives des articles 3 (interdiction de la torture) et 8 (droit au respect de la vie privée et familiale) de la Convention, du moins s’agissant des migrants. Il est écrit que l’interdiction de la torture ne concerne que les actes les plus graves et ne s’applique qu’au-delà d’un niveau « minimal » ; qu’on peut autoriser l’expulsion d’un migrant en mauvaise santé même s’il plaide qu’il ne sera pas soigné dans le pays d’accueil ; enfin, que, si un pays obtient des « garanties diplomatiques » selon lesquelles une personne expulsée ne sera pas torturée lors de son retour au pays, le pays qui expulse peut s’en contenter. Quant à l’appréciation des atteintes portées à la vie privée et familiale des migrants, la Déclaration du 15 mai 2026 affirme que la Convention « est subsidiaire » par rapport au droit national des différents pays : ce n’est donc que sur le fondement de « raisons sérieuses » que la Cour peut substituer sa propre appréciation à celle du pays.
Comment exprimer plus clairement que les droits humains garantis par la CEDH s’appliquent différemment aux migrants et aux autres êtres humains ? « Il est grand temps que l’Europe se réveille », insistait pourtant le Commissaire dans son article. C’est sans doute déjà trop tard, même si la Déclaration est avant tout « politique » puisqu’elle affirme respecter l’indépendance de la Cour.
Le droit de l’Union européenne épouse désormais la même philosophie. Au-delà du Pacte « Asile et migrations », qui durcit le contrôle aux frontières avec l’installation de centres de rétention pour procéder à un examen rapide du droit l’asile, effectué non pas par des organismes auxquels la loi donne compétence mais par des organismes administratifs, l’Union a adopté, le 1er juin 2026, un nouveau règlement sur les retours forcés qui ouvre la porte à la déshumanisation des migrants : droit à confisquer leurs papiers s’ils sont en situation irrégulière et ne veulent pas quitter le territoire, allongement à 2 ans de la « rétention » administrative le temps d’organiser l’expulsion, droit à mettre en rétention des mineurs, accompagnés ou non, ce qui est contraire à la CEDH. Si le pays d’origine refuse de reprendre ses ressortissants, le règlement permet la mise en détention dans des « plateformes de retour » situées dans des pays non européens (Rwanda, Ouganda, Ouzbékistan…) qui acceptent de les organiser contre rémunération. Cela ressemble à de la traite d’êtres humains.
Élargissons le spectre : l’Europe détourne également les yeux du traitement infligé à la population arabe palestinienne, soit en Cisjordanie où les colons tuent des civils sans être inquiétés et se saisissent, au nom du droit de l’occupant, de terres qui ne leur appartiennent pas, soit à Gaza où cette population est entassée sur une étroite partie du territoire, dans des conditions indignes en termes sanitaires et de sécurité. L’Union, verbalement, traduit parfois une certaine gêne devant tant de souffrances ou en face d’un droit pénal israélien devenu inégal selon les origines : les palestiniens pouvaient déjà être détenus sans jugement de manière illimitée en Israël ; ils sont désormais ciblés par une nouvelle loi et peuvent être exécutés pour « terrorisme ». Un historien américano-Israélien, Omer Bartov, disait récemment que les Israéliens vivaient dans le déni profond de la situation à Gaza et des crimes commis en leur nom. Ils ne sont pas les seuls, l’Union fait de même.
Récemment, quand des ressortissants européens venus dans une flottille internationale au secours de Gaza ont été maltraités, frappés, menacés, humiliés, torturés pour certains, l’Europe s’est réveillée et a vigoureusement protesté : mais peu de personnes s’étaient émues du récent rapport de l’ONU sur les déplacements forcés de la population palestinienne de Gaza, sur son incapacité à se protéger des bombardements et des tirs qui la visent, sur la situation des détenus palestiniens dans les prisons israéliennes, « soumis à la torture, y compris aux tortures sexuelles, à la détention au secret, aux mauvais traitements et à des conditions dégradantes », sans compter les décès non expliqués[2]. L’opinion publique mondiale feint de croire qu’en agissant ainsi, l’armée israélienne combat le Hamas, alors que ce sont pour l’essentiel des civils qui meurent, victimes collatérales jugées insignifiantes. Une militante italienne maltraitée appartenant à la flottille a déclaré : « A la différence des Palestiniens, qui peuvent être détenus indéfiniment et qui meurent en prison, je savais que j’allais sortir. Nos gouvernements détournent le regard lorsqu’il s’agit des Palestiniens. Mais quand c’est nous, ils ouvrent les yeux… ». On se souvient alors avec amertume de la réponse du trompettiste Miles Davis qui, en 1959, à une personne qui lui demandait quel serait son vœu le plus cher s’il pouvait changer les choses, répondait : « Être blanc ». On en est encore là.
De fait, le racisme monte dans le monde : on l’a vu au Royaume-Uni en mars dernier, lors des manifestations anti-immigration d’octobre 2025 et de mai 2026 organisées par le leader d’extrême droite Tommy Robinson, où la haine s’exprimait sans filtre. On le voit dans l’indifférence actuelle devant la mort des migrants en mer : l’Organisation internationale pour les migrations (OIT) continue de les recenser (765 au premier trimestre 2026 sur la route Libye-Tunisie/Europe, 26 734 depuis 12 ans sur cet itinéraire) tout en précisant qu’il ne s’agit que des cadavres retrouvés. Dans un article du 18 mai dernier, le journal Le Monde indiquait que le dispositif européen dans la zone (qui coopère avec la Tunisie et la Libye, deux pays qui ne sont pas connus pour leur respect des droits humains) était davantage destiné à contenir les déplacements des personnes qu’à sauver des vies. On veut bien le croire quand on écoute l’enregistrement des 18 appels au secours d’une embarcation de migrants dans la Manche en 2021 et les réponses cyniques et moqueuses des secours qui ne sont pas déplacés (« je ne t’avais pas demandé de partir ») : en l’occurrence, une information judiciaire a été ouverte dont on ne sait pas où elle en est.
On le voit désormais également aux États-Unis avec les opérations ICE : à l’origine, selon les déclarations du candidat Trump, les arrestations ne devaient concerner que les « criminels ». Aujourd’hui, à 70 %, les personnes expulsées n’ont pas de casier judiciaire : ce sont des sans-papiers (le sens du terme est un peu différent aux États-Unis où la tolérance envers les sans-papiers a été longtemps assumée, au point que nombre d’entre eux sont présents depuis 20 ou 30 ans et souvent parents d’enfants américains, parfois conjoints d’Américains). Ce sont aussi des personnes en attentes de régularisation (et qui avaient des droits jusqu’à leur arrestation) ou des personnes d’allure hispanique arrêtées dans les champs ou dans la rue, sans que l’on puisse être certain que, dans le lot, des personnes en règle mais ne portant pas leurs papiers sur eux n’aient pas été expulsées. L’assistance juridique est en effet largement réservée aux personnes arrêtées qui ont une famille aisée. Qui fera le bilan des souffrances endurées dans les prisons de ICE par des migrants bien insérés et attachés au rêve américain ou par les enfants qui sont arrêtés comme les adultes ? Ce n’est pas pour autant que l’Union européenne s’en émeut : plaire à Trump, flatter Trump, calmer Trump, c’est le mot d’ordre.
Et en France ?
Au-delà du discours anti migrants traditionnel de l’extrême-droite, la droite et le centre, anxieux de flatter l’opinion, entreprennent eux aussi d’exploiter le thème : dans sa déclaration de candidature à la Présidence de la République, le Président de LR, B. Retailleau, a annoncé vouloir renverser la table, en soumettant aux Français, exactement comme le prévoit le Rassemblement national, un référendum tendant à réduire drastiquement l’immigration et à faire primer le droit national sur les normes internationales auxquelles la France a adhéré en signant certains traités, dont le traité instituant la CEDH mentionné ci-dessus ou la Convention de Genève sur l’asile. La question est toutefois compliquée car ce qui gêne M. Retailleau, ce n’est pas seulement « l’état de droit » international, c’est aussi, voire surtout, l’état de droit en France (qui ne devrait être, selon lui, ni intangible, ni sacré) : d’abord l’article 11 de la Constitution qui ne permet pas de soumettre les questions d’immigration à référendum, ensuite la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qui reconnaît à tous les hommes des droits identiques et s’oppose à un droit discriminatoire envers des personnes en situation identique en fonction de leur seule origine ethnique.
Plus modestement, mais de manière tout aussi inconstitutionnelle, Gérard Darmanin vient de proposer, au nom d’une supposée submersion migratoire (Nous sommes arrivés à la limite de nos capacités d’intégration et d’assimilation. Il faut mettre fin à l’immigration telle qu’elle est aujourd’hui), un « moratoire » de trois ans » (il ne peut pourtant pas, juridiquement, abroger le droit d’asile) et une suspension (inconstitutionnelle elle aussi) du regroupement familial. G. Attal a adhéré à cette dernière mesure. Plus futé, sans doute plus manipulateur, E. Philip propose de rédiger une « réserve d’interprétation » de l’article 8 de la CDEH qui garantit le regroupement familial : mais une réserve d’interprétation peut interpréter plus restrictivement un article, pas l’abroger. Et puis, suspendre le regroupement familial ou l’interdire, est-ce cela qui modifiera la politique actuelle et ses insuffisances, notamment en matière de politique d’accueil et d’insertion ? Jusqu’à la gauche qui en remet une couche avec F. Ruffin qui veut interdire une immigration travail dont la France a à l’évidence besoin…C’est le retour du plombier polonais qui vient voler les emplois. La gauche devrait pourtant s’exprimer sur l’immigration, sujet sensible qu’elle évite lâchement depuis Hollande, qui ne voulait pas toucher au sujet. Mais elle devrait réfléchir : ses propositions ne peuvent pas consister en slogans simplistes ou manipulateurs destinés à récupérer le vote des classes populaires qui ont adopté les thèses du RN.
Quant aux « bloc central » si du moins le ministre de l’Intérieur le représente, il a émis un avis de sagesse (cela veut dire que le gouvernement n’est pas totalement d’accord mais qu’il laissera passer) lors du vote au Sénat de la proposition de loi Retailleau visant à lutter contre l’entrisme islamiste, « menace idéologique durable et structurée » qui serait exercée notamment par les jeunes musulmans qui placent « les prescriptions religieuses au-dessus des lois de la République ». Le projet est issu d’un rapport de 2025 commandé par le ministre de l’Intérieur, Frères musulmans et islamisme politique en France, rapport confus, globalement alarmiste mais obsolète et imprécis, mal étayé, contesté par les spécialistes et surtout surexploité par l’aile extrémisme du paysage politique. La proposition crée un délit de contestation de l’application de la loi si cette contestation porte atteinte à la cohésion nationale et aux principes républicains et menace de dissolution les associations qui menacent ces derniers. Pendant que le Parlement perd du temps à soigner les obsessions anti-islam de certains parlementaires, d’autres textes attendent leur tour, droit à mourir ou projet de loi sur la protection de l’enfance.
Que faire ?
D’abord rappelons les vraies données de l’immigration : depuis les années 2000, le nombre des immigrés en France a nettement progressé, passant de 7 % à 11,6 % de la population, sachant bien que ce pourcentage recouvre des immigrés très anciens (« nés étrangers dans un pays étranger ») présents en France parfois depuis des dizaines d’années, dont un gros tiers a obtenu la nationalité française. Selon l’OCDE (Perspectives migratoires internationales 2025), parmi les pays de l’OCDE, la France n’est en tête pour aucun indicateur (immigration permanente, demandes d’asile, population née à l’étranger…), loin de là, et elle est même un pays d’immigration modérée en comparaison des autres. Le démographe F. Héran explique que les migrants ne sont pas spécialement attirés par la France et que l’immigration en France n’est nullement « hors de contrôle », comme se plaisent à la présenter les « ingénieurs du chaos » des partis populistes. En outre (cf. Insee Première, 22 mai 2025, Les flux migratoires), la donnée la plus intéressante, le solde migratoire (solde entre les entrées et les sorties), n’est pas connue pour les années 2022 et suivantes mais en 2023, les entrées des immigrés ont baissé de 7 %.
Ensuite rappelons que l’immigration est une des composantes anciennes de la France, qui a toujours été un pays d’accueil mais « à infusion lente » (expression de François Héran) : aujourd’hui 21 % des Français ont des liens avec l’immigration, avec soit un parent, soit un grand-parent immigré. L’insertion, difficile, il est vrai, faute d’une politique adéquate, se fait au fil du temps.
Enfin, la question de l’identité doit être posée, avec franchise et sans honte. Nous n’échapperons pas, disait récemment Pascal Blanchard, à un débat sur l’identité en 2027. Ne laissons pas alors la parole à ceux qui expriment une angoisse de disparition d’une identité passée, une France paysanne, blanche, peu ouverte au monde, avec des instituteurs, médecins et élus investis d’une autorité incontestée : cette référence fantasmée (cette France-là était peu éduquée et dure aux faibles) exclut l’histoire. Quant à ceux qui évoquent une « Nouvelle France » racisée, ils ne prennent en compte qu’une part de notre identité actuelle. De même, c’est à juste titre que P. Blanchard considère que le modèle avancé par la gauche (l’identité française serait fondée sur l’universalisme des droits et la laïcité) représente un idéal qui n’existe pas vraiment. Reste donc à construire une identité plurielle dans laquelle notre « communauté » se reconnaîtrait, combinant les valeurs d’hier et d’aujourd’hui, attachée aux droits humains et à la nation sans être nationaliste, ouverte sur le monde et les cultures étrangères sans pour autant accepter le modèle mondialiste où seul compte l’argent. Chantier pour demain….
Pergama, le 8 juin 2026
[1] Lettre de 9 pays en date du 22 mai 2025, dont l’Italie, le Danemark, l’Autriche, le Royaume-Uni et la Belgique pour « repenser la manière dont la Convention européenne des droits de l’homme est interprétée ».
[2] Rapport de l’ONU du 18 mai 2025