En 2023, au moment de l’adoption de la loi plein emploi, qui prévoyait un meilleur accompagnement des demandeurs d’emploi, surtout de ceux très éloignés de l’emploi, le Président de la République se fixait comme objectif un taux de chômage de 5 % en 2027. Depuis lors, la situation économique s’est dégradée (la croissance en volume a atteint 1,4 % en 2023, 1,2 % en 2024, 0,9 % en 2025 et on attend 1 % en 2026), l’incertitude sur la scène internationale comme nationale nuit au dynamisme économique et le chômage, stable jusqu’en fin 2024, s’est remis à augmenter en 2025, passant en un an de 7,3 % à 7,9 % au 4e trimestre 2025. L’Insee note que l’emploi salarié privé a reculé sur l’année de 0,2 %, avec la disparition de 40 800 emplois. Les commentaires soulignent alors l’échec d’une politique de l’offre qui était jusqu’en 2022 la seule grande réussite du macronisme, qui n’aurait ainsi réussi ni à améliorer le chômage ni à rétablir les finances publiques.
Ce qui est marquant, c’est que cette augmentation du chômage touche pour l’essentiel les 15-24 ans, dont le taux de chômage a augmenté de 2,8 points en un an (il atteint 21,5 % fin 2025) et pas les autres tranches d’âge où le chômage reste stable. Le pourcentage des jeunes NEET (qui ne sont ni en emploi, ni en formation) est également en augmentation : il atteint fin 2025 12,9 % des jeunes de 15-29 ans alors qu’il était redescendu à 12,2 % en 2019.
Les explications sont hésitantes : amorce d’un retournement décisif du chômage lié à une désindustrialisation qui se confirme (115 ouvertures de sites en 2025 et 179 fermetures), qui frapperait les jeunes en premier ? Pour autant, le chômage de longue durée reste stable de même que la part des personnes dans le halo du chômage. S’agissant des jeunes, une part de l’explication résulterait de la baisse de l’alternance, une autre dans la réforme des règles de Pôle emploi qui limiteraient les exclusions du dispositif. En réalité, l’analyse reste à mener et le signal est inquiétant.
Autre donnée étonnante, l’augmentation du taux d’emploi : en 2024, il a atteint pour les 15-24 ans (la quasi-totalité de la population active) un taux considéré comme élevé, 69,1 %. En 2005 les données provisoires chiffrent le taux d’emploi à 69,4 % au dernier trimestre, en augmentation à nouveau, le taux ayant même atteint 69,5 dans les deux premiers trimestres. Il s’agit presque du plus haut niveau atteint en France. Il est vrai que dans cet ensemble, en 2025, le taux d’emploi des jeunes de 15-24 ans baisse assez nettement en 2025 (il est fin 2025 de 34,3 %, soit -0,4 point par rapport à 2024) tandis qu’il reste stable pour les 25-49 ans (82,9 %) et qu’il augmente pour les seniors de plus de 50 ans, surtout pour les 55-60 ans. La dégradation de l’emploi paraît donc ciblée sur les jeunes tandis que l’emploi des seniors continue à progresser.
Parallèlement, il est vrai, la qualité de l’emploi semble se détériorer : la part du temps partiel augmente, tout comme celle des CDD et de l’intérim.
Quant aux prévisions 2026 sur l’emploi, elles sont pessimistes, tablant sur une augmentation qui pourrait atteindre 8,2 % compte tenu d’une croissance molle et d’une situation internationale inquiétante. La France redeviendrait ainsi, dans la zone euro, un pays au chômage élevé.